On ne les voit presque jamais, et pourtant elles passent chaque nuit sous nos skis. Les dameuses représentent une part importante de la consommation de carburant d'un domaine skiable. Cet hiver, trois stations françaises accueillent la première dameuse électrique de forte puissance produite en série.

Une machine née d'un partenariat

La Leitwolf LTE-Motion est le fruit d'un accord signé en 2024 entre le constructeur italien Prinoth et la Compagnie des Alpes. Elle a été dévoilée le 21 avril 2026 à Grenoble, pendant le salon Mountain Planet. L'enjeu annoncé : remplacer une dameuse thermique de forte puissance sans concession sur les performances, ce qu'aucun modèle électrique n'avait réussi jusqu'ici à l'échelle industrielle.

Assemblée à Montmélian

Le détail nous a sauté aux yeux : la ligne d'assemblage dédiée est implantée à Montmélian, en Savoie, dans les bâtiments de Prinoth France. Une part des pièces est sourcée localement et les batteries sont produites et assemblées en Europe. Pour une fois, l'innovation est fabriquée là où elle est utilisée, et c'est à vingt minutes de nos bureaux.

Ce que ça change vraiment sur les pistes

Trois choses, et le carbone n'est que la première. La Compagnie des Alpes disposant d'un contrat d'approvisionnement en électricité renouvelable, le passage à l'électrique supprime jusqu'à 93 % des émissions par rapport à une dameuse roulant au HVO 100.

La deuxième est invisible dans les bilans mais pas pour les habitants : le bruit. Le damage se fait de nuit, souvent à proximité immédiate des villages et des hébergements de pied de pistes. Une machine électrique supprime le ronflement du diesel et les particules fines qui vont avec.

La troisième est économique. La Compagnie des Alpes annonce 53 % de réduction des coûts d'exploitation annuels face à une thermique au HVO 100, et environ 20 % sur la maintenance. C'est ce qui rend le calcul tenable malgré un prix d'achat aujourd'hui environ quatre fois supérieur à celui d'un modèle thermique.

Les limites, parce qu’il y en a

L'autonomie annoncée est de quatre à cinq heures en conditions normales, extensible à un poste de sept heures grâce à une recharge rapide pendant la pause du conducteur. Sur le papier cela suffit ; reste à le vérifier en dévers, par moins quinze, sur une nuit complète. C'est précisément ce que la saison d'essai doit mesurer.

À noter aussi que l'électrification ne concerne pour l'instant que la motorisation. La fraise et les accessoires viendront dans un second temps.

Trois stations, un hiver d'essai

Trois préséries entrent en service cet automne à Serre Chevalier, La Plagne et Val d'Isère, le communiqué de la Compagnie des Alpes précisant pour cette dernière le secteur de Bonneval-sur-Arc. La commercialisation plus large est annoncée pour 2027-2028. Le communiqué complet est consultable ici.

Si vous skiez cet hiver dans l'une de ces trois stations, vous croiserez peut-être la machine au petit matin. Pour le forfait, notre page Val d'Isère détaille les tarifs réduits, et nos conseils pour profiter d'une neige fraîchement damée se trouvent dans notre guide des 2 Alpes.

Photo d'illustration — damage nocturne. Wlad Go / Adobe Stock